Ces attaques sanglantes ont visé des campements appartenant majoritairement à la communauté des Daoussahak, dont est issu le groupe armé « Mouvement pour le salut de l’Azawad », proche de la junte au pouvoir à Bamako, d’après des sources interrogées par l’Agence France-Presse.

Plus d’une quarantaine de civils ont été tués, dimanche 18 octobre, lors d’attaques perpétrées par des hommes armés dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, provoquant des déplacements de population, ont rapporté lundi plusieurs sources sécuritaires, locales et associatives à l’Agence France-Presse (AFP).

Ces attaques sanglantes, menées par des hommes armés arrivés à motos, ont visé, selon ces sources, des campements appartenant majoritairement à la communauté des Daoussahak, dont est issu le groupe armé « Mouvement pour le salut de l’Azawad » (MSA), proche de la junte au pouvoir à Bamako.

Le bureau exécutif de la communauté Daoussahak a attribué ces attaques à l’organisation Etat islamique (EI), selon un communiqué publié lundi. Les attaques ont visé des campements situés à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Ménaka, notamment dans la localité de Tinabow et dans le secteur de Tagadayat. D’après une source sécuritaire basée à Gao, interrogée par l’AFP, la tuerie est intervenue « en représailles à des opérations militaires menées dans la zone récemment et à des attaques de la part du MSA ».

« Selon les informations qui nous parviennent, il y a eu une quarantaine de morts, majoritairement des hommes », a ajouté cette source. Celle-ci a ajouté que la résidence à Ménaka du chef du MSA, Moussa Ag-Acharatoumane, par ailleurs membre du Conseil national de transition – l’organe législatif des militaires au pouvoir au Mali – a « été également ciblée à Ménaka, sans faire de victimes ».

Crise sécuritaire

Depuis 2012, le Mali est en proie à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’EI, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements indépendantistes de Touaregs. A cela s’ajoute une grave crise économique. Ce pays sahélien est dirigé par une junte depuis deux coups d’Etat – en 2020 et en 2021 – et peine à endiguer les violences djihadistes.

« Des hommes armés ont fait irruption dans plusieurs campements à 50 kilomètres de la ville de Ménaka. Ils ont tiré sur tout ce qui bouge. Il y a eu 50 civils tués dont des jeunes et des personnes âgées », a affirmé lundi à l’AFP une autre source sécuritaire à propos de la tuerie de dimanche. « Aujourd’hui [lundi] encore, les gens continuent d’arriver à Ménaka… », a ajouté cette source.

Selon une source locale à Tinabow interrogée par l’AFP, « plusieurs dizaines de motos sont soudainement arrivées et ont commencé à tirer et à mettre le feu aux habitations », dimanche dans la soirée. Les assaillants « n’ont adressé la parole à personne, ils ont juste commencé à tuer. J’ai vu des dizaines de corps », a poursuivi cette source. Un élu local a confirmé à l’AFP ce lourd bilan, faisant état de « plus de cinquante morts, dont des femmes et des vieillards », évoquant aussi un déplacement important de population vers la ville de Ménaka.

Selon le bureau exécutif de la communauté Daoussahak, au moins « 48 civils ont été tués le dimanche (…) dans la localité de Tagadayat ». Dans son communiqué, l’organisation dénonce le « massacre » de « populations civiles sans défense » et appelle à l’acheminement d’une aide humanitaire d’urgence pour les personnes déplacées.

L’armée malienne avait de son côté affirmé avoir mené samedi des opérations dans la même zone, à 65 kilomètres au sud-ouest de la ville de Ménaka. « Une importante base abritant plusieurs éléments terroristes ainsi que du matériel de guerre et de logistique (…) a été ciblée et frappée avec succès », ont déclaré les forces armées maliennes.

reprendre par globinfoo.com

 

signé:  Mamadou Diallo

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