La randonnée pédestre de cinq kilomètres, organisée par le personnel de l’UNICEF à Dakar autour des quartiers de Ngor et des Almadies, s’inscrit dans une dynamique globale de santé publique au Sénégal. En choisissant le sport comme vecteur de communication sous le slogan « Solidaire à chaque pas, mobilisés contre le cancer », l’agence onusienne et ses partenaires (Fédération des associations de personnels des Nations unies, clubs sportifs locaux) ont réussi à lier l’activité physique à un enjeu médical majeur : la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus.
L’urgence d’une couverture vaccinale et d’un accès équitable aux soins
Le docteur Claude Ngabu, responsable des urgences de santé au Bureau régional de l’UNICEF, a mis en lumière une réalité épidémiologique préoccupante. Bien que le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus représentent la majorité des diagnostics et des décès par cancer chez les femmes de la région, les statistiques officielles restent en deçà de la réalité. Le manque d’infrastructures de diagnostic dans les zones rurales et le coût des traitements privent de nombreuses patientes d’une prise en charge adéquate, faussant ainsi les données réelles de la maladie.
Pour contrer le cancer du col de l’utérus, l’accent est mis sur la prévention primaire via la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). Ce virus, sexuellement transmissible, est le principal agent causal de cette pathologie. Avec le soutien de l’UNICEF, le Sénégal a intégré ce vaccin dans son programme élargi de vaccination, ciblant prioritairement les jeunes filles dès l’âge de 9 ans, avant tout premier rapport sexuel. Le docteur Ngabu a également ouvert la perspective d’une extension future de cette campagne aux garçons, une stratégie qui permettrait de couper la chaîne de transmission communautaire du virus dès que la disponibilité mondiale des vaccins le permettra.
Pérenniser la sensibilisation au-delà d’Octobre Rose
La mobilisation ne doit pas être un événement éphémère. C’est le message fort porté par Maimouna Diallo, représentante adjointe aux opérations de l’UNICEF Sénégal. Si Octobre Rose offre une vitrine médiatique essentielle, la lutte contre la maladie exige une vigilance quotidienne. Le dépistage précoce demeure l’arme la plus efficace pour augmenter les chances de guérison complète et réduire la lourdeur des traitements thérapeutiques.
Pour traduire ces paroles en actes durables, les associations de personnel de l’UNICEF, sous l’impulsion d’Alain Manga, prévoient déjà des actions concrètes de suivi. Des sessions d’information de proximité animées par des professionnels de santé, notamment des sages-femmes, seront organisées pour enseigner l’autopalpation et lever les tabous socioculturels qui entourent encore trop souvent les cancers féminins en Afrique de l’Ouest.


En somme, la randonnée de l’UNICEF à Dakar rappelle que la lutte contre les cancers féminins en Afrique subsaharienne repose sur un triptyque indissociable : l’éducation à la santé, la prévention vaccinale précoce et l’accès universel au dépistage.

En mobilisant ses équipes autour du triptyque « comprendre, prévenir et agir », l’organisation démontre que la victoire contre ces pathologies ne dépend pas seulement des avancées médicales, mais d’une mobilisation communautaire continue. Pour que l’impact d’Octobre Rose soit pérenne au Sénégal, l’enjeu majeur des prochaines années résidera dans le renforcement des systèmes de santé afin de garantir à chaque femme, quelle que soit sa situation géographique ou financière, le droit à un diagnostic rapide et à des soins dignes.


LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici