À sa prise de fonction, l’inspecteur des postes et des services financiers a trouvé « une institution en grande difficulté, avec des indicateurs financiers et organisationnels alarmants », comme l’attestent les « documents de passation ». L’interlocuteur du quotidien d’information a partagé des « données non exhaustives » pour illustrer l’ampleur de cette crise.
Les « dettes fiscales et sociales » s’élevaient alors à 4,63 milliards de francs CFA, représentant une « lourde charge » pour l’entreprise. Par ailleurs, La Poste devait 2,22 milliards à la Mutuelle d’Épargne et de Crédit des agents du public et du parapublic (MECAP), et 402,8 millions à l’Institut de prévoyance maladie (IPM).
Concernant les « dettes fournisseurs », plus d’un milliard était en attente de règlement, dont 300 millions dus aux compagnies aériennes chargées de l’acheminement du courrier international.
Kane a également signalé un « nantissement des actifs financiers », avec plus de 5 milliards d’actions de La Poste utilisées comme « garantie pour un emprunt bancaire », dont les « échéances majeures sont prévues en août 2025 ».
Enfin, la situation est d’autant plus critique que « les capitaux propres de La Poste et de ses filiales sont négatifs », nécessitant une « recapitalisation de 163 milliards », répartis comme suit : 146 milliards pour La Poste, 14 milliards pour Postefinances, et 3 milliards pour EMS Sénégal.

