Depuis ce lundi 2 novembre, la BCEAO impose l’utilisation obligatoire de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) pour les transactions interopérables de monnaie électronique dans les huit pays de l’UEMOA.
Stupeur et incompréhension des usagers
Cette nouvelle réglementation entraîne plusieurs changements pour les utilisateurs de monnaie électronique, décrypte L’Observateur. D’après la même source, « les usagers du mobile money se sont réveillés hier lundi avec stupeur et incompréhension ». En effet, « ceux qui avaient l’habitude de transférer de l’argent directement de leur compte bancaire vers leur compte Orange Money, Flash ou Wave se sont heurtés aux nouvelles dispositions de la BCEAO ». Résultat : plusieurs utilisateurs ont vu leurs transactions échouer, provoquant colère et incompréhension. Certains dénoncent notamment « l’absence de temps de transition » avant l’application de la réforme.
Concrètement, qu’est-ce qui change ?
Le plafond des avoirs électroniques passe de 2 à 4 millions FCFA. Autre changement : les transactions interopérables entre banques, opérateurs de mobile money et institutions de microfinance doivent désormais passer par la PI-SPI.
Interrogé par L’Observateur, le professeur Souleymane Astou Diagne, économiste et enseignant-chercheur, explique le fonctionnement de cette nouvelle infrastructure :
« La PI-SPI est l’autoroute commune des paiements instantanés dans les 8 pays de l’UEMOA. Elle permet à n’importe quel compte (banque, mobile money, microfinance) d’envoyer de l’argent à n’importe quel autre compte, en quelques secondes. »
Autre nouveauté importante : les transferts nationaux entre particuliers sont gratuits lorsque leur montant cumulé ne dépasse pas 8 000 FCFA par jour, par utilisateur et par prestataire. Au-delà de ce seuil, les frais appliqués par les opérateurs sont plafonnés à 0,8 %. La réception des transferts reste, quant à elle, gratuite.
Pour le professeur Diagne, l’un des principaux avantages de la plateforme réside dans « l’instantanéité et la disponibilité permanente », puisqu’elle fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il souligne également que le paiement est simplifié, car il peut s’effectuer sans avoir à saisir un RIB (relevé d’identité bancaire).
Un bouleversement pour les opérateurs de mobile money
Cette réforme pourrait également affecter le modèle économique des opérateurs tels que Wave, Orange Money et Flash.Avec la gratuité de certains transferts et la possibilité de faire circuler directement l’argent d’un compte à un autre, leurs revenus issus des frais de transfert pourraient diminuer.
Sur cette question, l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs estime que « la plateforme bouscule le modèle économique et financier des opérateurs ». Il explique également que « ceux qui arriveront à tirer leur épingle du jeu et à survivre seront ceux qui vendront autre chose que le transfert d’argent ». Autrement dit, les opérateurs devront diversifier leurs activités pour rester compétitifs.
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