L’omniprésence de ces appareils dans l’État de la Nouvelle-Galles du Sud favorise la dépendance aux jeux d’argent. Le secteur rapporte des milliards, ce qui pousse les autorités à retarder les réformes.
En faisant plus court et direct
- En Nouvelle-Galles du Sud, les profits massifs des machines à sous freinent les réformes contre l’addiction aux jeux.
- Les machines à sous pullulent en Nouvelle-Galles du Sud, mais les autorités tardent à agir pour protéger les recettes de ce secteur.
Au Dee Why RSL, un complexe réunissant bars, restaurants et salles de spectacle dans un quartier balnéaire du nord de Sydney, Doug Parsons, qui porte beau avec ses 80 ans, appuie une nouvelle fois sur le bouton rétroéclairé de sa machine à sous. Sur l’écran, coquillages, tridents et escargots défilent. En cet après-midi de mi-juin, il doit se refaire : il vient de perdre 150 dollars australiens (90 euros), mais garde le sourire. « A mon âge, on ne dépose plus d’argent à la banque, on le retire », s’amuse-t-il, alors que son compte remonte de 4 dollars. Dans la vaste pièce où une centaine de bandits manchots font de l’œil aux amateurs, il est l’un des seuls à accepter de parler.
Les Australiens jouent trop et ils le savent. Au total, chaque année, l’ensemble de la population perd plus de 19 milliards d’euros aux jeux, soit une moyenne de plus de 700 euros par adulte, davantage que dans n’importe quel autre pays au monde. Selon les chiffres gouvernementaux, 73 % des 28 millions d’habitants jouent au moins une fois par an, 38 % au moins une fois par semaine. Face aux problèmes d’addiction, de surendettement et de santé familiaux et mentaux qui en découlent, l’adoption de restrictions plus strictes est devenue un véritable serpent de mer du débat public, en particulier en Nouvelle-Galles du Sud. Dans cet Etat du Sud-Est australien, les machines à sous, surnommées les « pokies ».

