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Congo-RDC « Il faut empêcher qu’Ebola ne devienne une menace régionale et internationale »

« Il faut empêcher qu’Ebola ne devienne une menace régionale et internationale »

 

Face aux coupes dans l’aide au développement et au risque d’une plus grande propagation du virus en République démocratique du Congo, un collectif de responsables politiques et du monde de l’entreprise rappelle, dans une tribune au « Monde », qu’aucune société ne peut durablement protéger sa santé en affaiblissant celle des autres.

 

La route qui relie Bunia à Mongbwalu, deux villes au cœur de l’Ituri, province de la République démocratique du Congo [RDC], est recouverte de poussière, traversée par les camions, soldats, travailleurs miniers, commerçants, familles déplacées et autres personnes fuyant les violences armées. C’est aussi par elle que le virus avance. L’hôpital général est débordé. Les tests manquent. Il n’y a pas assez de combinaisons, de masques, de lunettes de protection. Des proches apportent de la nourriture et de l’eau parce que l’hôpital en manque. Des soignants tombent malades. Certains meurent. D’autres continuent, faute de pouvoir être remplacés.

A Mongbwalu, épicentre de l’épidémie d’Ebola en RDC, des « morts en cascade » et la terrible angoisse de la contamination

« Le Monde » s’est rendu dans la localité de l’est de la République démocratique du Congo, où l’épidémie liée au virus Ebola s’est déclarée. Face à la multiplication des décès, les structures sanitaires locales et les ONG se retrouvent débordées, pénalisées par le manque de moyens mis en place.

A Mongbwalu, les morts n’ont plus d’odeur. Ne persiste que l’âcreté de la solution chlorée pulvérisée sur les corps des centaines de victimes de l’épidémie à virus Ebola, dissimulées à l’intérieur de sacs mortuaires blancs. Le 16 juin, le parvis de l’hôpital de cette localité de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), épicentre de la flambée d’Ebola officiellement déclarée par les autorités un mois plus tôt, s’est mué en chambre funéraire à ciel ouvert.

Deux cerceuils neufs et emballés entreposés sur le sol de la cour de l’hôpital de Mongbwalu (République démocratique du Congo), le 16 juin 2026.
Des membres de la Croix-Rouge congolaise désinfectent un sac mortuaire contenant un corps, avant de fermer le cercueil et le remettre à la famille, dans la cour de l’hôpital de Mongbwalu (République démocratique du Congo), le 16 juin 2026.

A l’ombre d’un arbre, les familles des défunts épient les triporteurs à marchandises déglingués transformés en corbillards de fortune. Ils transportent les cercueils achetés dans les échoppes de la ville. Ceux de deux enfants et de deux adultes sont placés à même le sol, derrière un autel à la gloire de la Vierge Marie. Engoncés dans des combinaisons de protection, quatre agents de la Croix-Rouge aspergent de chlore

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