Affaire « Diodio Glow Skin » : Les procès-verbaux de la DSC révèlent les coulisses des interrogatoires et une confrontation explosive
L’enquête entourant l’arrestation de Mame Diarra Thiam, plus connue sous le pseudonyme de « Diodio Glow Skin », et de sa co-accusée Rokhaya Fall, alias « Rox la Chancelière », entre dans sa phase décisive. Malgré les dénégations ultérieures des mises en cause, le quotidien L’Observateur maintient l’intégralité de ses révélations. Le journal du Groupe Futurs Médias confirme que la principale suspecte est passée aux aveux complets lors de ses premières auditions individuelles devant les enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
Les aveux initiaux : Un réseau d’influenceurs gracieusement rémunérés
Selon des sources proches du dossier, Mame Diarra Thiam a d’abord détaillé avec précision le modus operandi qui la lie à plusieurs figures polémiques des réseaux sociaux. Lors de son face-à-face avec la DSC, elle a confessé avoir été approchée par Rox la Chancelière. L’objectif de cette mise en relation était de recruter des influenceurs de l’application TikTok, notamment Adamo et Kaliphone, afin de « régler certains problèmes » d’image ou de rivalités en ligne.
Pour appuyer ces déclarations, les enquêteurs disposent d’éléments matériels solides :
- Des notes vocales explicites : Des messages audio envoyés par Adamo à Diodio ont été interceptés et versés au dossier d’enquête.
- Des flux financiers tracés : La mise en cause a reconnu avoir effectué plusieurs versements d’argent au profit d’Adamo, de Kaliphone et de Rox, en guise de contrepartie.
Entendue à son tour de manière isolée, Rox la Chancelière a pleinement assumé son rôle de pivot. Elle a expliqué aux policiers qu’Adamo la sollicitait fréquemment pour lui servir d’intermédiaire avec des clients fortunés désireux d’« assurer leur défense sur les réseaux sociaux ». Selon elle, ce rôle de facilitatrice était nécessaire car de nombreuses personnes hésitaient à s’afficher ou à traiter directement avec le sulfureux tiktokeur.
Concernant Kaliphone, si l’analyse technique n’a pas encore permis de retrouver de messages vocaux directs le liant à l’affaire, Diodio Glow Skin a formellement maintenu avoir envoyé des fonds à son intention via Rox.
Le revirement de situation lors de la confrontation
Le dossier a toutefois pris une tournure différente lors de la confrontation générale dans les locaux de la DSC. Face à face, et face aux preuves matérielles, les deux femmes ont opéré un virage à 180 degrés en contestant vigoureusement la nature de ces transactions financières.
Pour leur défense, elles soutiennent désormais que :
- Les sommes versées n’étaient en aucun cas des rétributions destinées à financer des campagnes de cyberharcèlement ou de lynchage médiatique.
- Ces transferts d’argent représentaient des élans de générosité et des dons purement caritatifs, notamment destinés à soutenir des structures de lutte contre le cancer.
Le déferrement devant le Procureur Saliou Dicko ce lundi
L’enquête policière étant désormais bouclée, le sort des deux prévenues repose entre les mains de la justice. Sauf rebondissement de dernière minute ou prolongation exceptionnelle de leur garde à vue, Diodio Glow Skin et Rox la Chancelière sont déférées ce lundi matin au parquet.
Elles font face au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko. À l’heure actuelle, le maître des poursuites examine les charges. Bien qu’aucune décision finale ne soit arrêtée, la possibilité de l’ouverture d’une information judiciaire — qui mènerait à la désignation d’un juge d’instruction et à un placement probable sous mandat de dépôt — reste l’option la plus sérieusement envisagée par le parquet.
Auteur Mamadou Diallo

