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La machine judiciaire a été enclenchée cette semaine sur les violences politiques de 2021 à 2024 ayant causé la mort de 80 personnes. Une partie des enquêtes a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie et l’autre à la Division des investigations criminelles de la police nationale qui ont déjà entamé les auditions.
Une initiative que salue le commissaire de police à la retraite, Boubacar Sadio. Selon lui, l’ouverture de ces enquêtes était plus qu’une demande, mais une exigence sociale pour enfin mettre la lumière sur une sombre période où la légendaire démocratie sénégalaise a chancelé.
Invité de l’émission «Objection», l’ancien officier supérieur de police judiciaire déclare : «On ne peut pas attribuer tous les 80 morts aux forces de défense et de sécurité. Sinon, on pourrait dire que nous avons des FDS qui sont de véritables assassins. Cela ne s’est pas passé comme ça». Admettant qu’il y a des manifestants qui sont tombés sous les balles des FDS, commissaire Sadio souligne tout de même que la plupart aient été tués par des nervis.
«Il y a eu des morts qui sont effectivement le fruit des FDS. L’enquête va permettre de déterminer la circonstance de ces morts. Mais, il y a aussi d’autres acteurs qui ont participé, des nervis qui étaient armés. Ils avaient des armes de guerre. La plupart de ces morts sont le fait des nervis dont certains n’avaient aucune connaissance de l’utilisation des armes qu’on leur a données», confie t-il, rappelant que les 45 milliards F CFA d’armements destinés aux Eaux et Forêts, dont l’effectif ne fait pas le tiers des armes commandées (1 000 armes de guerre), auraient permis d’équiper des «nervis».
Une réalité que l’enquête va facilement déterminer, selon lui, de même que l’identité des recruteurs de ces nervis. Par contre, estime l’ancien directeur de la sécurité publique «on ne pourra pas déterminer l’identité des auteurs des 80 morts. Ce sera extrêmement difficile, parce que quand il y a meurtre, le temps joue contre les enquêteurs». Pour commissaire Sadio, «même si on ne trouve pas les auteurs pour certains cas, qu’on puisse au moins déterminer les circonstances de la mort afin de permettre aux parents de faire leur deuil. Cela va soulager».
À l’en croire, l’enquête qui vient d’être déclenchée ne sera pas une tâche aisée. Le travail sera complexe en ce sens que, signale t-il, «il faudra remonter des pistes, reconstituer les faits. Cela va prendre du temps». Mais l’essentiel, estime commissaire Sadio, «c’est qu’on ait ouvert ces enquêtes».
Repris par : GLOB INFOO
Auteur : Abdoulaye Leye