Affaire Nourah Ba : Le dossier s’alourdit avec de nouvelles plaintes et un réseau de complicité mis au jour
L’affaire Mariama Ba, dite « Nourah Ba », connaît un nouveau rebondissement judiciaire majeur au Sénégal. Selon les informations révélées par le quotidien Libération, le parquet a officiellement transmis deux nouvelles plaintes à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) pour enquête approfondie. Ces nouvelles procédures, qui avaient été initialement annoncées par la plateforme Seneweb, viennent complexifier de manière significative la situation de la célèbre influenceuse d’origine guinéenne. [1, 2, 3]
Ces deux plaintes émanent de figures publiques bien connues. La première a été déposée par le député et leader du mouvement « Les Nationalistes », Papa Tahirou Sarr. Ce dernier accuse formellement l’influenceuse d’avoir tenu à son encontre des propos injurieux et diffamatoires particulièrement graves à travers ses interventions numériques. La seconde plainte émane de Thierno Birahim Ndao, qui poursuit également la mise en cause pour des faits d’injures publiques commises par le biais des réseaux sociaux. [1, 2]
Pour rappel, le feuilleton judiciaire de Nourah Ba a débuté à la suite de publications virulentes et controversées ciblant directement de hautes autorités politiques sénégalaises ainsi que des figures religieuses particulièrement respectées dans le pays. Interpellée sur instruction ferme du procureur de la République, elle a été placée sous mandat de dépôt le 14 octobre 2026 par le juge d’instruction du huitième cabinet du tribunal de grande instance de Dakar, après l’ouverture d’une information judiciaire. L’influenceuse fait face à une lourde série de chefs d’inculpation : faux et usage de faux en écritures authentiques et dans des documents administratifs, provocation à l’intolérance religieuse, injures publiques, et discours contraires aux bonnes mœurs.
Au-delà des infractions liées à ses propos en ligne, le dossier avait déjà pris une tournure criminelle et administrative avec la mise en lumière d’un réseau de fraude documentaire. Un premier rebondissement de taille s’est matérialisé par l’arrestation d’Ibrahima N., conseiller municipal à Niomré, localité située dans la région de Louga. Confronté par les enquêteurs de la DSC grâce à l’exploitation technique de son téléphone, ce dernier a fini par avouer avoir fourni une aide cruciale à Nourah Ba. Il a reconnu lui avoir procuré un extrait de naissance sénégalais irrégulier (établi à Nguidilé) au cours de l’année 2023, une transaction frauduleuse négociée pour la modique somme de 20 000 F CFA.
En conclusion, l’affaire Nourah Ba illustre de manière flagrante le durcissement de la justice sénégalaise face aux dérives sur les réseaux sociaux et à la criminalité cybernétique. Ce qui n’était au départ qu’une série de sorties numériques polémiques s’est désormais transformé en une procédure judiciaire tentaculaire, mêlant diffamation, offenses religieuses et fraude à la nationalité. L’implication des nouvelles plaintes portées par des figures politiques comme Papa Tahirou Sarr, combinée aux ramifications de corruption administrative à l’intérieur du pays, place l’influenceuse dans une position juridique extrêmement délicate. Les investigations complémentaires confiées à la DSC s’annoncent déterminantes pour cartographier l’ensemble des complicités et fixer définitivement le sort de la mise en cause devant les tribunaux.
Auteur MAMADOU DIALLO



