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Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, Mohamed Mbougar Sarr revient, avec une sincérité teintée d’humour et de mélancolie, sur son parcours universitaire interrompu à l’Ehess. Partagé entre la rigueur de la recherche et l’appel irrésistible de la fiction, le prix Goncourt 2021 confie ses regrets passagers, tout en assumant pleinement son destin de romancier.
Bien qu’il se dise parfois atteint du « syndrome de la thèse inachevée », l’écrivain évoque sa situation avec autodérision, se comparant, non sans « élégance aristocratique », à d’illustres figures comme Sartre, Barthes ou Mallarmé, qui n’ont jamais soutenu leurs travaux.
À ses yeux, le roman agit comme un refuge face aux contraintes du monde académique : « J’aimais beaucoup les lectures de la recherche, les séminaires, la stimulation intellectuelle. Mais écrire en me soumettant aux protocoles académiques, aux rendus et aux comités de suivi m’ennuyait un peu. Parfois, je me morfonds et je prie tous les dieux nouveaux et anciens de l’académie. »
Pour apaiser cette frustration, il évoque l’essai Antithèses de Charles Coustille, qui explore les « renoncements magistraux » de grands esprits.
« Au bout de ce rude chemin, j’ai l’aristocratique élégance de souffrir toujours. Alors je vais au lit, le cœur pourfendu. Le lendemain, ça va mieux : je m’accroche au baume du roman jusqu’à la prochaine crise », confie-t-il.
Avec malice, il raconte même tenter de convaincre son ancien directeur de thèse que son livre primé n’est qu’une « version imaginaire et améliorée » de ses recherches.
Vers une suite de «La plus secrète mémoire des hommes» ?
Interrogé sur ses projets, l’interlocuteur du quotidien national révèle travailler simultanément sur plusieurs chantiers littéraires. Il laisse planer le doute sur une possible extension de son œuvre majeure : « Peut-être que c’est une suite de ‘La plus secrète mémoire des hommes’. Peut-être que c’est la plus secrète mémoire de ´La plus secrète mémoire des hommes’. Pour l’heure, ce n’est pas clair. »
Loin de l’agitation médiatique, l’écrivain se décrit aujourd’hui comme un homme simplement attaché à sa table de travail, préoccupé par la justesse d’une métaphore ou l’équilibre d’une virgule.



