L’agence de notation Moody’s a averti les autorités sénégalaises qu’une restructuration de la dette équivaudrait à un défaut de paiement. La situation financière du pays suscite une vive inquiétude. Selon Bloomberg (repris par Le Quotidien), le Sénégal est désormais désigné comme « l’émetteur souverain le plus en difficulté » d’Afrique. Sa prime de risque atteint 1 469 points de base par rapport aux bons du Trésor américain, franchissant largement la barre critique des 1 000 points qui caractérise une détresse financière. Parallèlement, le coût de l’assurance contre un défaut de paiement (CDS) a bondi de plus de 33 %.
Les points majeurs de tension financière
- Impasse politique sur la LFR 2026 : Le rejet de la Loi de finances rectificative à l’Assemblée nationale paralyse l’action budgétaire.
- Échéances de paiement imminentes : L’État doit honorer près de 21 milliards de francs CFA d’intérêts le 23 novembre, suivis de plus de 26 milliards de francs CFA le 10 décembre.
- Blocage du programme FMI : Moody’s redoute que ce conflit parlementaire ne retarde l’approbation du plan d’aide du FMI. Ce retard bloquerait le déploiement du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS), un outil pourtant indispensable pour alléger la charge financière du pays.
Cette crise institutionnelle intervient alors que Moody’s a déjà abaissé la note souveraine du Sénégal à « Ca », reflétant une probabilité très élevée de pertes substantielles pour les créanciers.
Mamadou Diallo


