Le pays est l’un des derniers où la maladie reste endémique, or dix-huit cas y ont été recensés depuis début 2024.
Le repli du régime taliban sur lui-même connaît de moins en moins de limites. Après les fins de non-recevoir de Kaboul aux appels de la communauté internationale à revoir sa politique d’effacement des femmes de la vie sociale, les islamistes afghans s’en prennent à la campagne de l’ONU contre la poliomyélite. Lundi 16 septembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que la vague de vaccinations qui devait débuter en Afghanistan était suspendue. Ce pays est le dernier, avec le Pakistan, où la maladie reste endémique.
Le directeur régional de l’OMS, Hamid Jafari, a déclaré que des discussions étaient en cours avec les autorités talibanes afin de déterminer une nouvelle date. Mardi, après avoir démenti cet arrêt brutal, un porte-parole du ministère de la santé a précisé que son pays « souhait[ait] utiliser des méthodes plus professionnelles pour arrêter la propagation de la maladie ». Selon l’OMS, les talibans veulent que les vaccinations soient réalisées dans les mosquées ou des lieux publics sous leur contrôle et non plus selon la méthode du porte-à-porte.
Faible taux d’inclusion des femmes
Pour l’ONU, cette décision « peut avoir des effets désastreux, en particulier sur la population jeune du pays ». Ce virus est l’un des plus infectieux au monde et les enfants non vaccinés sont les premiers propagateurs d’une maladie pouvant causer la mort ou la paralysie. L’interruption de cette campagne de vaccination pourrait réduire à néant des années de progrès en matière de protection sanitaire.





