Une femme réagit, sur le parvis de la mosquée Mohammad Al Amin (sunnite), Place des Martyrs, peu de temps après l'annonce officielle de Nasrallah, à Beyrouth, au Liban, le 28 septembre 2024. ADRIENNE SURPRENANT / MYOP POUR « LE MONDE »

Par  (Beyrouth, correspondante) et  (Beyrouth, correspondance)

Dans l’épicerie à l’entrée du quartier chiite de Khandak Al-Ghamik, au centre de Beyrouth, la caissière est inconsolable. Coiffée d’un voile sombre, la jeune femme libanaise n’arrive pas à retenir ses larmes depuis que le Hezbollah a confirmé, en début d’après-midi, samedi 28 septembre, la mort de son chef, Hassan Nasrallah, tué dans une frappe israélienne la veille dans la banlieue sud, un fief du parti chiite. De nombreux chiites avaient développé un sentiment d’intimité avec le leader charismatique.

Tout autour de l’épicerie, le temps paraît suspendu. Des hommes mutiques, la mine sombre, attendent une consigne concernant les cérémonies, assis sur des chaises en plastique. Un homme a des bandages à chaque main et au visage, comme de nombreuses recrues du Hezbollah, blessées par l’explosion de leur bipeur, du fait d’un sabotage imputé à Israël, il y a dix jours. Des hommes restent debout sous le porche d’un immeuble, à l’abri d’éventuelles balles perdues. Des saccades de tirs résonnent dans les airs à intervalles réguliers, en hommage au « martyr ».

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