Depuis 2024, des centaines de construction jugées vétustes sont détruites dans l’ancienne médina et les quartiers qui la jouxtent pour transformer la ville à l’approche de la Coupe d’Afrique des nations de football 2025 et la Coupe du monde 2030.

La grande mosquée Hassan II de Casablanca paraît bien solitaire. Aux abords de son imposant minaret surplombant l’océan ne reste qu’un terrain vague. Silencieux, Saad Mosleh enjambe les gravats de ce coin de la médina extra-muros, emporté par les bulldozers au cours des derniers mois. « C’est ici qu’était ma maison », lance gravement cet habitant de 40 ans, en s’arrêtant au milieu de nulle part. Quelques planches, des sacs en plastique qui virevoltent et des souvenirs. C’est tout ce qu’il reste de Derb Soufi, quartier populaire du centre de la métropole marocaine, démoli au nom de la lutte contre « l’habitat menaçant ruine ».

Derb Soufi avait aussi le défaut de se situer sur le tracé de la future avenue royale, une voie de près d’un kilomètre de long, bordée d’immeubles haut de gamme, d’un palais des congrès et d’un théâtre, qui reliera la mosquée au centre-ville. Le projet, qui piétine depuis plus de trente ans, émane d’une volonté du roi défunt Hassan II, père de Mohammed VI, de mettre en valeur le monument bâti en partie sur pilotis, que le souverain avait inauguré en 1993 comme « le plus haut édifice religieux de l’univers ». Plus de 1 700 habitations entravaient encore la réalisation de ce projet royal

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici