Les forces de sécurités sont montrées du doigt depuis cette attaque qui a coûté la vie à 38 personnes, le 25 juin 2015.
Six gardiens des forces de sécurité tunisiennes ont été inculpés de non-assistance à personne en danger dans le cadre de l’enquête sur l’attentat survenu à l’été 2015 sur une plage de Sousse, qui a coûté la vie à 38 personnes. Ils ont été laissés en liberté dans l’attente de la conclusion de l’enquête, a déclaré mardi 28 février un porte-parole de la section antiterroriste de la police judiciaire. Quatorze autres personnes ont été arrêtées dans ce dossier.
Tunisie, le premier ministre reconnaît des erreurs lors de l’attentat de Sousse
Pointée du doigt après l’attentat de Sousse, la Tunisie a pour la première fois reconnu des défaillances sécuritaires.
Le premier ministre tunisien Habib Essid a reconnu, vendredi 3 juillet, que la police avait mis trop de temps à intervenir lors de l’attentat qui a coûté la vie à 38 touristes le 25 juin dans la région de Sousse. C’est la première fois qu’un responsable tunisien avoue des défaillances sécuritaires dans ce qui représente l’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays.
« Le temps de la réaction, là est le problème », a déclaré M. Essid à la BBC, une semaine jour pour jour après qu’un étudiant de 23 ans a ouvert le feu sur des vacanciers sur une plage de l’hôtel Imperial Marhaba. Selon lui, la police a été « bloquée partout », mais il n’a pas donné plus de précisions. Il a tenu à présenter ses excuses au nom de la Tunisie. « Nous sommes vraiment désolés pour ce qui s’est passé », a-t-il dit.
Plusieurs témoignages rapportent que le tueur a pu déambuler pendant au moins trente minutes, kalachnikov à la main, avant d’être finalement abattu par la police. En mars dernier, après l’attentat du Bardo à Tunis, des défaillances sécuritaires avaient déjà été pointées du doigt.
Tunisie, les craintes d’« une dérive sécuritaire » après les attentats
Après les attaques du Musée du Bardo et de Sousse, des défenseurs des droits de l’homme craignent que la crispation autoritaire qui saisit la classe politique menace les acquis de la révolution de 2011.
Patrouille de police devant l’hôtel Imperial Marhaba, à Sousse, le 28 juin. DARKO VOJINOVIC / AP
Figureront-ils parmi les victimes collatérales du terrorisme djihadiste qui frappe depuis plusieurs mois la Tunisie ? Les acquis de la révolution de 2011 en matière de libertés publiques sont-ils menacés par le durcissement du climat sécuritaire ? Dans une Tunisie traumatisée par les attaques contre le Musée du Bardo le 18 mars (22 morts) puis contre la station balnéaire d’El-Kantaoui près de Sousse (38 morts) le 26 juin, la crispation autoritaire qui saisit autant la classe politique que l’opinion publique commence à susciter l’inquiétude des milieux de défense des droits de l’homme.